Les scénaristes, décorateurs et réalisateurs de la série avec Jean Richard ont sélectionné quelques éléments caractéristiques du bureau du commissaire, tel qu’il est décrit dans les romans. Mais ils ont laissé de côté le fameux poêle auquel Maigret tenait tant. Les éléments retenus ne sont pas forcément les mêmes tout au long de la série.

Dans la première période, le bureau contient quelques éléments de base, qui doivent composer un décor minimal mais identifiable comme étant le bureau d’un commissaire de la PJ. D’après les souvenirs de Jean Richard recueillis dans le livre Ma vie sans filet, ce bureau aurait une certaine véracité: « L’ambiance des locaux de la PJ joue un rôle déterminant dans les Maigret. Grâce à des documents photographiques et des plans fournis par la Police Judiciaire, le bureau d’un commissaire divisionnaire a pu être reconstitué fidèlement aux studios des Buttes-Chaumont. »

Lorsque Maigret ouvre la porte de son bureau, que découvre-t-il ? A sa droite, un portemanteau auquel il accroche pardessus et chapeau: c’est souvent le premier geste qu’il fait quand il entre dans son bureau.

Si on continue à droite, on trouve une commode, sur laquelle est posée une lampe, et surmontée d’un tableau.

puis le bureau de Maigret devant une autre armoire

à sa suite, une table sur laquelle est posée une machine à écrire

ensuite se trouve la fenêtre

Si on reprend Maigret à son arrivée dans la pièce et que l’on va à sa gauche, on trouve une sorte de haut coffre-fort surmonté d’un cadre présentant une photographie, et ensuite se trouve la porte qui donne dans le bureau des inspecteurs

Sur le bureau  de Maigret, quelques accessoires: dossiers, téléphones, pot à tabac, encrier, agenda, et bien sûr les incontournables bières et sandwiches des longues nuits de la PJ !

 

 

 

 

 

 

 

Dans la deuxième période, l’agencement du décor reste sensiblement le même, et on a réaménagé quelques détails, entre autres à cause du passage à la couleur.

Le portemanteau se trouve maintenant à gauche en entrant.Toujours à gauche, on retrouve le coffre-fort, mais il est surmonté cette fois d’un tableau (il s’agit d’une reproduction des Coquelicots, de Monet).

Si on reprend à droite de la porte, on trouve une première armoire, qui contient la fameuse bouteille de cognac que le commissaire réserve à ses « clients »; après l’armoire on voit au mur un plan de Paris.

ou, selon les épisodes, un tableau couvert de notices

Derrière le bureau de Maigret, une armoire, sur laquelle on voit une pendule.

Après le bureau, la fenêtre

Sur le bureau, une lampe et d’autres objets: téléphone, râtelier à pipes, pot à tabac, agenda … et les sandwiches !

 

« Dans Les scrupules de Maigret, le réalisateur Jean-Louis Muller, rompant avec la tradition, avait installé le commissaire dans un décor très moderne,élaboré, « design » comme on dit aujourd’hui. Maigret, qui n’est pas plus « in » que moi, a souffert du changement. Le film aussi. » (in Ma vie sans filet, recueil des souvenirs de Jean Richard). C’est effectivement dans cette troisième période que le bureau de Maigret, va connaître, le temps de quelques épisodes, un décor très différent des précédents. Cette rupture dans la tradition sera assez vite abandonnée dans la série, probablement parce qu’on n’ y retrouvait pas assez l’ambiance des romans.

La quatrième période est une période d’essai, où l’on rencontre plusieurs décors différents. Dans L’amie de Madame Maigret, on a gardé de la période précédente la cheminée, sur laquelle on a placé une pendule, qu’on retrouvera d’ailleurs dans les épisodes de la période suivante.

Voici quelques images des essais de bureau pour cette période.

Le décor de Maigret et l’homme tout seul, assez original, nous montre quelques accessoires, dont certains pourraient être sortis tout droit d’un roman: le buste de la République sur la cheminée, la lampe à abat-jour vert, le râtelier à pipes.

 

La cinquième période nous montre un bureau dont le décor varie un peu selon les épisodes, mais qui comporte à chaque fois quelques éléments caractéristiques, comme la pendule sur la cheminée, un plan de Paris, des portraits au mur, le portemanteau,une armoire;  s’y ajoutent des éléments inédits, comme la photographie du couple Maigret (en réalité, celui du couple Annick et Jean Richard); et bien sûr, il y a toujours des sandwiches !

Pour la sixième période, l’analyse reste provisoire; on notera cependant le décor complètement renouvelé de l’épisode Maigret et le voleur paresseux, où l’on retrouve bien l’armoire qu’on connaissait derrière le bureau de Maigret, et le portemanteau, mais dont les portes vitrés qui donnent dans le bureau de Maigret ne sont pas sans rappeler étrangement certains décors de la série avec Bruno Crémer…

Et pour la bonne bouche, terminons ce petit tour dans le bureau de Maigret par quelques images tirées des films tournés avec Jean Gabin. On pourra s’amuser à retrouver quelques similitudes et inspirations dans les décors des épisodes de la série avec Jean Richard…