Personnage de papier né des mots, Maigret a connu une « seconde vie » grâce à l’image, cinématographique et télévisuelle. Là où le lecteur se faisait sa propre représentation du commissaire, est venue s’ajouter une iconographie de l’écran, qui, peu ou prou, est entrée dans notre imaginaire de (télé)spectateur. Nous avons chacun notre propre vision de Maigret, nourrie de notre imagination, mais aussi des images que nous avons vues défiler sur nos écrans.

Le pardessus est la pièce de vêtement qui « sculpte » la silhouette de Maigret; à l’origine lourd pardessus noir à col de velours, tel qu’il est décrit dans le roman Pietr le Letton, ce manteau est porté pendant la saison froide. Ce pardessus comporte des poches, dans lesquelles le commissaire enfonce ses mains, avec un geste à la fois familier et caractéristique. Dès le début de la série, on nous donne une image reconnaissable d’un commissaire promenant dans Paris sa silhouette revêtue d’un gros pardessus…

Avec l’arrivée de la couleur, nous avons droit à plusieurs versions du pardessus: en noir, en bleu sombre ou plus clair…

Le pardessus uni peut aussi devenir gris ou brun chiné, et sa couleur peut varier selon la lumière du tournage…

L’imperméable est une version plus légère du pardessus, adaptée à la belle saison. On en voit aussi de nombreux exemples dans la série avec Jean Richard, et c’est revêtu de cet imperméable que Jean Richard est souvent associé à la silhouette de Maigret.

 

 

Difficile d’imaginer Maigret habillé autrement qu’en complet-veston, parce que ce costume est caractéristique d’une époque, que ce soit celle où les romans ont été écrits, ou même celle du tournage de la série. Le personnage aurait sans aucun doute beaucoup à perdre s’il portait un blouson de cuir, ou s’il arborait une tenue débraillée… Dans la série, Jean Richard alias Maigret porte donc évidemment un complet-veston, tenue encore ordinaire et habituelle au temps du début de la série, et si par la suite, ses inspecteurs se permettront plus de fantaisie dans leur habillement, le commissaire garde, comme une sorte d’obligation et de fidélité au personnage, sa tenue classique.

Dans les épisodes en noir et blanc, le complet est soit rayé, soit uni.

Sous son veston, Maigret porte, du moins au début, un gilet, qu’il lui arrive de déboutonner pour se mettre à l’aise. Le gilet se porte sur une chemise blanche, qui pourra parfois être bleue plus tard dans la série.

Avec le passage à la couleur, le complet devient gris chiné, bleu uni, ou gris à carreaux.

Ce complet à carreaux est caractéristique de cette période de la série, c’est quasiment un uniforme pour le personnage joué par Jean Richard.

On connaît cependant quelques variations au costume à carreaux…

Dans la suite de la série, le commissaire arborera divers complets, parfois plusieurs au cours d’un même épisode, selon les besoins de l’action: par exemple, pour souligner qu’un certain temps a passé entre deux moments de l’épisode.

Dans la dernière partie de la série, l’habillement est plus « standard », correspondant à la façon de s’habiller qu’aurait un monsieur de cette époque et ayant l’âge de Jean Richard.

Autre accessoire indispensable du commissaire, son chapeau. Avec la pipe, il contribue à asseoir la silhouette de Maigret. Chapeau melon dans les premiers romans, il devient feutre ou chapeau mou par la suite. Dans la série aussi, il est difficile d’imaginer Jean Richard en Maigret sans son chapeau vissé sur la tête. Si les hommes, du moins ceux d’un certain âge, portaient encore le chapeau, au temps du début de la série, ce sera moins le cas dès les années 70-80. Cependant, on voit mal Maigret – Jean Richard sortir sans son chapeau: c’est devenu une sorte de « marque de fabrique », un attribut essentiel du commissaire. Voilà sans doute pourquoi Jean Richard a gardé son chapeau de Maigret jusqu’à la fin de la série, en dépit des changements de mode…

 

Parmi les accessoires divers du costume, on retiendra la cravate, les bretelles et l’écharpe.

Et pour que la toilette soit complète, n’oublions pas un petit coup de rasage !