adaptation du roman Maigret chez le coroner

avec: Jess Hahn (Harry Cole), William Lang (O’Rourke), Howard Allen (Van Fleet), Walter Brown (attorney), Russ Fega (Ward), Renee Props (Bessy), Craig Reay (Mullins), Roger Cartier (Rodgers), Thomas Assalone (O’Neil), Ramon Chavez (trafiquant de drogue), Donna Ramsey (Erna Bolton), Mel Todd (conducteur du train)

Voici ce que Jean Richard raconte (dans son livre de souvenirs Ma vie sans filet) à propos de cet épisode: « C’est pour tourner l’adaptation de « Maigret chez le coroner » que toute l’équipe, sous la conduite de Stéphane Bertin, a fait le voyage des Etats-Unis. Le tournage a eu lieu à Tucson, ville de l’Arizona proche de la frontière mexicaine, et a duré cinq semaines en novembre et décembre 1980. Le film a pris le titre de « Maigret en Arizona », plus évocateur géographiquement. Dans le roman, Simenon fait remettre à Maigret, par le maire de la ville, « un petit papier et une belle plaque en argent de deputy-sheriff ». Dans le film aussi. Etant « Djoulious Maigrett » (on prononce comme ça en Arizona) j’ai eu droit à une distinction honorifique décernée par le maire de Tucson. C’est une jolie statuette représentant Maigret, sa pipe et son chapeau, avec l’inscription: «Jules Maigret, commissaire de la Police Judiciaire, fait citoyen d’honneur de la ville de Tucson – Arizona» ».

Si le film vaut par la bonne « couleur locale » permise par le tournage sur les lieux mêmes évoqués par le roman, et par des acteurs également américains, il est plus difficile de rendre toute la réflexion que fait Maigret – et par derrière lui Simenon – sur le mode de vie américain. L’essentiel du roman, outre l’intrigue de cette enquête dans un tribunal américain, porte en effet sur l’appréhension que fait le commissaire du style de vie des Américains, sur leur façon d’être et de se comporter, reflétant les découvertes qu’en a faites l’auteur lui-même lors de son long séjour aux Etats-Unis.

Après le tournage en Amérique, toute l’équipe était revenue en France, lorsque Stéphane Bertin s’est aperçu qu’il avait oublié de tourner une scène en extérieur et sans cette scène, le film ne voulait plus rien dire. Et impossible de le tourner à Paris ou en France. Alors, Stéphane Bertin s’est adressé à la direction d’Antenne 2 pour savoir ce qu’on pouvait faire… Et quelques jours plus tard, toute l’équipe repartait pour l’Arizona tourner la scène manquante ! Heureuse époque, où la télé française savait dépenser l’argent à bon escient…